Conférence de Christophe Saam, uncoworking Neuchâtel sur la propriété intellectuelle et la technologie blockchain.
Autrefois l’innovation était le plus souvent effectuée dans le cadre de projets de développements conservés soigneusement secrets dans les laboratoires des entreprises, parfois avec la collaboration d’une université. L’arsenal de lois de la propriété intellectuelle permet de veiller à ce que les résultats de ces recherches soient protégés. Comme conseils en brevet, notre mission était de construire des murailles autour des entreprises, quitte à les enfermer parfois.
Ce modèle existe bien entendu toujours, mais dorénavant on innove aussi dans les façons d’innover. Start-ups, freelancers, microentreprises, prédominance du logiciel : ces évolutions nous pousse vers un monde dans lequel l’innovation est de plus en plus souvent collaborative, partagée, agile, itérative. L’innovation devient une marchandise qui est vendue, échangée, partagée, sans que sa valeur soit diminuée. Les stratégies de propriété intellectuelle doivent s’adapter à ces nouveaux paradigmes et permettre de bâtir des ponts plutôt que des murs, en créant un cadre juridique permettant aux entreprises d’échanger leurs innovations avec des règles claires, plus simples à faire valoir, en créant un climat de confiance entre partenaires.
La technologie blockchain tombe à point nommé afin d’offrir de nouveaux outils pour faciliter la protection des droits d’auteur et des trade secrets dont l’importance devient prédominante dans ces nouveaux écosystèmes. Des systèmes de datation de documents électronique faciles à mettre en œuvre permettent de générer les preuves de date dont les créateurs ont besoin. Des smart contracts facilitent la perception de royalties de manière automatique, en permettant des micropaiements. La PI devient accessibles aux architectes, artisans, artistes qui ont dorénavant à disposition des outils jusqu’à présent plutôt réservés à des entreprises technologiques.